Qu’est-ce que l’AOMI ?
L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, ou artérite des jambes, correspond à une obstruction partielle ou totale des artères des jambes, le plus souvent par athérosclérose (9 cas sur 10), qui réduit l’apport de sang oxygéné aux muscles et aux tissus des membres inférieurs. En France, elle concerne environ 1,2 % de la population, avec près de 69 000 hospitalisations en 2022.
Symptômes
Le symptôme caractéristique est la claudication intermittente : une douleur à type de crampe apparaissant à la marche, dans le mollet, la cuisse ou la fesse selon le niveau de l’obstruction, obligeant à s’arrêter, et cédant après quelques minutes de repos. Le périmètre de marche avant l’apparition de la douleur permet d’évaluer la sévérité. Aux stades plus avancés, la douleur peut survenir au repos, notamment la nuit, et s’associer à des troubles trophiques (plaie qui ne cicatrise pas, nécrose d’un orteil), signant une ischémie critique.
Facteurs de risque
Le tabagisme est le facteur de risque le plus fortement associé à l’AOMI. Le diabète multiplie le risque par 7, l’hypertension artérielle par 2,5. L’âge (au-delà de 50 ans chez l’homme, 60 ans chez la femme) et les antécédents familiaux cardiovasculaires précoces sont également déterminants.
Diagnostic
La mesure de l’index de pression systolique (IPS), simple et non invasive, oriente le diagnostic. Elle est complétée par une échographie-Doppler artérielle des membres inférieurs qui localise et quantifie les sténoses ou occlusions, et, si un geste de revascularisation est envisagé, par une artériographie ou un angioscanner.
Traitements
La prise en charge associe systématiquement le contrôle des facteurs de risque (arrêt du tabac impératif, équilibre du diabète, statine, antiagrégant plaquettaire) et la rééducation à la marche, souvent suffisante aux stades précoces pour améliorer le périmètre de marche. Lorsque la gêne fonctionnelle persiste ou qu’une ischémie critique s’installe, une revascularisation est proposée : angioplastie avec ou sans stent par voie endovasculaire (technique mini-invasive, souvent réalisable en ambulatoire), ou pontage chirurgical lorsque les lésions sont trop étendues ou complexes pour un traitement endovasculaire.
Suivi
Un suivi vasculaire régulier (examen clinique, IPS, écho-Doppler) est nécessaire à vie, l’AOMI étant un marqueur d’atteinte artérielle généralisée qui impose également un dépistage des autres localisations de l’athérosclérose (coronaires, carotides, aorte).
Questions fréquentes
La claudication intermittente est-elle toujours liée à l'artérite ?
C’est la cause la plus fréquente d’une douleur de jambe à la marche cédant au repos chez un patient à risque cardiovasculaire, mais d’autres causes (rhumatologiques, neurologiques) existent : un avis vasculaire permet de trancher.
Peut-on continuer à marcher avec une artérite des jambes ?
Oui, et c’est même recommandé aux stades précoces : la marche régulière, jusqu’au seuil de la douleur, stimule le développement d’une circulation de suppléance (collatéralité).
Quand une artérite des jambes devient-elle une urgence ?
Une douleur permanente du pied au repos, une plaie qui ne cicatrise pas ou l’apparition d’une zone noire (nécrose) sur un orteil doivent conduire à une consultation vasculaire rapide, sans attendre.
Source : ameli.fr — Artériopathie oblitérante des membres inférieurs.