Qu’est-ce qu’un anévrisme de l’aorte abdominale ?
L’aorte abdominale est la plus grosse artère de l’organisme, qui transporte le sang du cœur vers l’abdomen et les membres inférieurs. Un anévrisme correspond à une dilatation permanente et localisée de sa paroi, le plus souvent sous les artères rénales. Cette dilatation fragilise progressivement la paroi artérielle, avec un risque de rupture d’autant plus élevé que le diamètre est important.
Symptômes
L’anévrisme de l’aorte abdominale est, dans l’immense majorité des cas, totalement silencieux et découvert de façon fortuite lors d’une échographie ou d’un scanner réalisé pour une autre raison. Certains patients décrivent une gêne ou une pesanteur abdominale, plus rarement une masse pulsatile perçue au niveau du ventre. Une douleur abdominale ou dorsale brutale et intense doit, chez un patient connu porteur d’un anévrisme, faire évoquer en urgence une fissuration ou une rupture.
Facteurs de risque et dépistage
Le tabagisme (actuel ou ancien), le sexe masculin, l’âge supérieur à 65 ans et les antécédents familiaux d’anévrisme sont les principaux facteurs de risque. La Haute Autorité de Santé recommande un dépistage échographique ciblé, unique, chez les hommes de 65 à 75 ans fumeurs ou ex-fumeurs, et chez les hommes de 50 à 75 ans ayant un antécédent familial d’anévrisme de l’aorte.
Diagnostic et surveillance
Le diagnostic repose sur l’échographie-Doppler abdominale, complétée par un angioscanner lorsqu’une indication chirurgicale est envisagée, pour préciser précisément l’anatomie de l’anévrisme (diamètre, longueur du collet, extension iliaque). La fréquence de surveillance dépend de la taille : pas de surveillance systématique en dessous de 25 mm, contrôle tous les 5 ans entre 25 et 29 mm, tous les 1 à 3 ans entre 30 et 39 mm, et tous les 6 à 12 mois entre 40 et 49 mm.
Quand opérer ?
Une indication chirurgicale est le plus souvent retenue à partir de 50 mm de diamètre, ou plus tôt en cas de croissance rapide (supérieure à 10 mm par an) ou de forme anatomique jugée plus à risque (anévrisme sacciforme par exemple). Deux techniques sont possibles et sont exposées au patient : la chirurgie ouverte (mise à plat-greffe par pontage aortique) et le traitement endovasculaire par mise en place d’une endoprothèse aortique, dont le choix dépend de l’anatomie de l’anévrisme, de l’âge et des comorbidités du patient.
Suivi
Après traitement, une surveillance clinique et par imagerie régulière (scanner puis échographie) est nécessaire à vie, en particulier après pose d’endoprothèse, pour dépister d’éventuelles endofuites.
Questions fréquentes
À partir de quelle taille un anévrisme de l'aorte est-il dangereux ?
Le risque de rupture augmente sensiblement au-delà de 50-55 mm, mais une croissance rapide ou une forme irrégulière peuvent justifier une prise en charge plus précoce, même à taille plus modeste.
Le dépistage de l'anévrisme de l'aorte est-il remboursé ?
Oui, l’échographie de dépistage ciblée chez les patients à risque, prescrite par un médecin, est prise en charge par l’Assurance Maladie.
Peut-on vivre normalement avec un anévrisme surveillé ?
Oui, tant que la taille reste sous le seuil opératoire : une activité physique adaptée et un bon contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires (tension, tabac) sont recommandés pendant toute la surveillance.
Source : HAS — Dépistage des anévrismes de l’aorte abdominale.